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Marion Touboul

Brèves de voyage

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Le grand air

Là d’où je viens, il y a ni avion, ni bruit de moteur. Il y a le grand air, un air pur, des sommets bleutés, des soleils rasants. Je suis née sur la terre ferme. Là d’où je viens, il y a le vent, l’orage, le nez qui coule, le soleil qui chauffe le visage, les sources qui desaltèrent, les pierres qui cornent les pieds. Et tout est lent, très lent.

Là d’où je viens, il y a l’horizon, juste l’horizon. Ni mur, ni façades.

Alors parfois, j’y retourne. Je quitte les airs et leurs folies. Je redescends sur Terre. Je plonge depuis le ciel et ses nuages pour devenir écorce parmi l’écorce, brin d’herbe, poussière ou ruisseau. Je quitte la musique pour le chant des oiseaux, je quitte l’ordinateur pour la vie sans écran, la vie sans filtre, la vie comme elle l’est depuis la nuit des temps.

Là d’où je viens, souffle le présent, souffre le présent, brille le présent. Passé et futur s’effacent. Tout s’efface. Reste la roche, le solide, le concret. Là, dans la tranquille immensité de la nature, aussi confortable que le ventre maternel, je sens mon coeur se ramollir comme du beurre au soleil.

Marcher craquèle le coeur pour lui insuffler ce qu’il faut d’eau, d’air et de lumière pour tenir debout. On se sent alors plus léger, d’humeur fleurie. Plus lumineux. Délesté de ses lourdeurs, c’est tout le corps qui respire.